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	<title>SC, auteur/autrice sur Horizon TERRE</title>
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	<description>Tou.te.s ensemble pour une recherche responsable et engagée</description>
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	<title>SC, auteur/autrice sur Horizon TERRE</title>
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		<title>Une privatisation croissante de l&#8217;enseignement supérieur et de la recherche : comment s&#8217;en prémunir ?</title>
		<link>https://horizon-terre.org/2025/09/17/une-privatisation-croissante-de-lenseignement-superieur-et-de-la-recherche-comment-sy-premunir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SC]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 21:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Évènement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’enseignement tend aujourd’hui davantage à préparer l’insertion qu’à nourrir les réflexions. Cette orientation, depuis longtemps perçue par les différent·es observateur·ices du fonctionnement de l’enseignement supérieur, se révèle dans une nouvelle dimension. Mercredi 17 septembre 2025, la présentation conjointe de deux travaux à l’Académie du Climat a donné des éclairages inquiétants quant à l’ingérence quasiment systématique des grandes entreprises dans les cercles décisionnels des grandes écoles et universités, révélant par là même une tentative organisée de dépolitiser l’enseignement dans les filières industrielle et technologique. Notre regard ne peut plus se détourner de ce mécanisme, où désengagement de l’État et financements privés de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) se confondent, pour polluer les rouages de notre société. </p>
<p>L’article <a href="https://horizon-terre.org/2025/09/17/une-privatisation-croissante-de-lenseignement-superieur-et-de-la-recherche-comment-sy-premunir/">Une privatisation croissante de l&rsquo;enseignement supérieur et de la recherche : comment s&rsquo;en prémunir ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://horizon-terre.org">Horizon TERRE</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/EIES-Publications_Insta-1-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-1624" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/EIES-Publications_Insta-1-980x551.jpg 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/EIES-Publications_Insta-1-480x270.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>La promesse d&rsquo;une carrière détournée de l&rsquo;intérêt général : comment a-t-on pu en arriver là ?<br>Source : publications sur Instagram du&nbsp;<a href="https://www.instagram.com/collectif_eies/">@collectif_eies</a></em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’enseignement tend aujourd’hui davantage à préparer l’insertion qu’à nourrir les réflexions. Cette orientation, depuis longtemps perçue par les différent·es observateur·ices du fonctionnement de l’enseignement supérieur, se révèle dans une nouvelle dimension. Mercredi 17 septembre 2025, la présentation conjointe de deux travaux à&nbsp;<a href="https://www.academieduclimat.paris/evenements/lenseignement-superieur-face-a-linfluence-des-multinationales/">l’Académie du Climat</a>&nbsp;a donné des éclairages inquiétants quant à l’ingérence quasiment systématique des grandes entreprises dans les cercles décisionnels des grandes écoles et universités, révélant par là même une tentative organisée de dépolitiser l’enseignement dans les filières industrielle et technologique. Faisant depuis longtemps le même constat dans le monde de la recherche, Sciences Citoyennes s’est jointe au collectif EIES (Entreprises Illégitimes dans l’Enseignement Supérieur) et à l’Observatoire des Multinationales (ODM) – à l’origine des deux travaux mentionnés – mais aussi au côté de l’association Les Amis de la Terre, l’Association pour la Liberté Académique (ALIA) et Acadamia, pour présenter les travaux menés par le collectif Horizon TERRE sur le sujet. Notre regard ne peut plus se détourner de ce mécanisme, où désengagement de l’État et financements privés de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) se confondent, pour polluer les rouages de notre société.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Opacité, rentabilité, neutralité (ORN)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tels sont les mots d’ordre qui motivent les multinationales pour investir le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche.<br><strong>Opacité</strong>&nbsp;d’abord, car sans le travail fourni par EIES pour délivrer une&nbsp;<a href="https://eies.fr/">cartographie</a>&nbsp;de 8000 liens entre sociétés privées et 150 établissements (présents notamment sur le plateau de Saclay), ou encore celui de l’ODM pour montrer l’implantation spécifique des grandes entreprises au sein de&nbsp;<a href="https://multinationales.org/fr/enquetes/polytechnique-une-ecole-d-etat-sous-emprise/">l’École Polytechnique</a>, le débat public se serait difficilement saisi de ce sujet. <br><strong>Rentabilité</strong>&nbsp;ensuite, car le propre d’une grande entreprise privée est de générer du profit, et donc dans le cas de l’ESR, d’avoir un retour sur investissement. Les étudiant·es et les chercheur·es doivent intégrer des méthodes, des pratiques, un jargon, où l’objectif de croissance et de développement technologique prennent toute la place.<br><strong>Neutralité</strong>&nbsp;enfin, car sous couvert de financer des programmes de recherche, des chaires ou encore des formations auto-proclamés neutres, ces entreprises étouffent les voix dissidentes qui remettent en cause leur modèle économique, en laissant peu de place aux réflexions sur l’écologie par exemple (qui ne représente que 3&nbsp;% du cursus dans le cas de Polytechnique).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant une&nbsp;<strong>table-ronde de 2h&nbsp;</strong>incluant une session de débat avec le public, ces réflexions se sont élargies et muées en solutions, auxquelles les 200 personnes présentes dans la salle ont apporté leur soutien. Il faut voir dans la composition du public – en grande partie d’étudiant·es mais aussi de chercheur·ses – le signe d’une préoccupation partagée, qui gagnerait à s’étendre. Le microcosme de l’enseignement supérieur possède en effet un impact non négligeable sur la société en ce qu’il configure les mentalités et la structure sociale, de même que celui de la recherche a des conséquences durables sur les équilibres socio-économiques et sur l’esprit critique des étudiant·es. L’argumentaire du projet Horizon TERRE y a donc trouvé toute sa place, tant il est indissociable philosophiquement et financièrement parlant de celui porté dans l’enseignement supérieur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’est inséré dans le programme&nbsp;suivant&nbsp;:&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>18h30 – 18h40&nbsp;: accueil et introduction par le collectif EIES</li>



<li>18h40 – 19h&nbsp;: présentation synthétique des résultats de l’enquête menée par EIES&nbsp;</li>



<li>19h – 20 h&nbsp;: table-ronde avec l’intervention successive des&nbsp;<em>Amis de la Terre&nbsp;</em>(retours sur les&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/campus/article/2024/12/09/aux-mines-a-sciences-po-paris-ou-encore-a-hec-des-etudiants-questionnent-la-place-des-banques-dans-leurs-ecoles_6438069_4401467.html">mobilisations étudiantes</a>&nbsp;dénonçant l’influence et la présence des banques polluantes et climaticides sur les campus),&nbsp;<em>Acadamia&nbsp;</em>(plaidoyer pour la&nbsp;<a href="https://academia.hypotheses.org/57909">transparence sur les contrats de mécénats</a>&nbsp;entre établissements d’enseignement supérieur et grandes entreprises),&nbsp;<em>Observatoire des Multinationales&nbsp;</em>(présentation du rapport «&nbsp;<a href="https://multinationales.org/fr/enquetes/polytechnique-une-ecole-d-etat-sous-emprise/">Polytechnique, une école d’État sous emprise</a>&nbsp;»),&nbsp;<em>Sciences Citoyennes / Horizon TERRE&nbsp;</em>(présentation des constats et actions pour la&nbsp;<a href="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/09/PPT-HT-Vdetaillee.pdf">démocratisation de la recherche</a>),&nbsp;<em>Association pour la Liberté Académique (ALIA</em>) (présentation de l’action «&nbsp;<em><a href="https://smile.cnrs.fr/people/amaury/amaury_fichiers/Timeodanaos.pdf">Timeo Danaos</a>&nbsp;</em><em>»&nbsp;</em>faisant la critique de l’influence du privé dans les laboratoires de recherche publique).&nbsp;</li>



<li>20h – 20h30&nbsp;: échange avec le public&nbsp;</li>
</ul>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-1024x576.png" alt="" class="wp-image-1625" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-980x551.png 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-480x270.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une table-ronde au double-rôle&nbsp;: faire le bilan des investigations menées et initier un mouvement d’opinion.&nbsp;<br>Source&nbsp;: affiches de l’évènement crées par le&nbsp;<a href="https://www.instagram.com/collectif_eies/">@collectif_eies</a></em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Penchons-nous de plus près sur les constats&nbsp;symbolisés par le triptyque «&nbsp;ORN&nbsp;» : (O) les intérêts privés imprègnent l’ESR et l’influence des multinationales est grandissante, mais comment se configure-t-elle exactement&nbsp;et comment celles-ci cherchent-elles à la dissimuler&nbsp;? (R) Les financements privés se sont multipliés afin d’orienter la maquette pédagogique et les recherches, mais quelle est la raison de cette accélération&nbsp;? (N) Les entreprises promeuvent l’innovation en tant que pilier majeur, mais qu’y a-t-il de neutre exactement derrière ce mot&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(O) Des influences multiples pour des intérêts particuliers&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après un an de travail, le collectif EIES composé d’étudiant·es, ancien·nes étudiant·es, chercheur·es et membres associatifs a mis au point une base de données en accès libre compilant un jeu de près de 8000 points (voir capture d’écran ci-dessous) et concernant environ 150 établissements (avec un focus particulier sur 30 établissements d’enseignement supérieur principalement concentrés en Île-de-France).</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="993" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-1-1024x993.png" alt="" class="wp-image-1626" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-1-980x950.png 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-1-480x465.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une nébuleuse qui visibilise l’influence prépondérante des grands groupes privés.&nbsp;<br>Source&nbsp;: site web du collectif EIES, onglet «&nbsp;<a href="https://eies.fr/donnees-globales">Données globales</a> »</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">À la première observation de cette infographie, apparaissent des noms tels que Dassault, Thalès ou encore Safran (que l’on retiendra pour plus tard), dont les bulles, nettement plus volumineuses, témoignent de liens bien plus nombreux avec les établissements étudiés. Le problème réside ici : il ne s’agit pas de bannir la présence des entreprises au sein de l’ESR, mais de s’interroger sur celles qui y sont les plus implantées. Or, lorsqu’on observe ce niveau de détail, le constat est sans appel : les multinationales occupent tout l’espace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vision des étudiant·es s’en retrouve alors tronquée, leur «&nbsp;temps de cerveau disponible&nbsp;» se retrouvant totalement occupé par des influences aux formes variées. Le collectif EIES les regroupe en 4 grandes catégories (voir l’extrait du diaporama de présentation ci-dessous)&nbsp;: 1. Gouvernance, 2. Contenu académique, 3. Orientation professionnelle, 4. Vie associative.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="569" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-2-1024x569.png" alt="" class="wp-image-1627" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-2-980x545.png 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-2-480x267.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>L’enquête démontre une emprise structurée en 4 grandes méthodes et en 17 sous-catégories. L’intégralité de l’espace public et cognitif est occupé.<br>Source&nbsp;: diaporama projeté lors de l’évènement.</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">On comprend mieux dès lors comment se décompose cette influence, exercée à tous les niveaux&nbsp;:&nbsp;</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Gouvernance</strong>&nbsp;:&nbsp;via leur présence au sein des conseils d’administration&nbsp;(où se décident les grandes orientations et les partenariats entre autres),&nbsp;les actuel·les et ancien·nes dirigeant·es&nbsp;ont un poids dans la construction des maquettes pédagogiques,&nbsp;dans le fonctionnement de l’établissement et de ses laboratoires ou encore dans la gestion du budget.&nbsp;La barrière&nbsp;peut donc se placer facilement pour éviter l’intégration&nbsp;de vision critiques et systémiques&nbsp;et dans&nbsp;la mise en place de cours et de recherches qui maximisent les avantages financiers des représentant·es industriel·les.&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/07/05/aux-racines-de-la-liberte-academique-rempart-contre-l-arbitraire-et-fragile-pilier-des-democraties-liberales_6618458_3232.html"><u>Une seule représentation du réel</u></a>&nbsp;s’impose alors,&nbsp;au détriment de&nbsp;la pluralité des perspectives et des opinions.&nbsp;</li>



<li><strong>Contenu académique</strong>&nbsp;:&nbsp;au-delà des orientations générales fixées par le conseil d’administration, la nature des cours et des recherches est également conditionnée par d’autres facteurs, notamment les financements privés, qu’ils prennent la forme de mécénats ou d’investissements dans des infrastructures (foyers, jardins, amphithéâtres, etc.). Là encore, les mêmes dérives se dessinent pour l’enseignement comme pour la recherche : une vision de la science s’impose, nécessairement alignée sur les objectifs technologiques des financeurs, transformant la production et la transmission du savoir en instruments de leurs intérêts. Il serait illusoire d’imaginer que ces grandes entreprises aient pour intention de refléter fidèlement l’état de la recherche sur des sujets tels que l’environnement, alors même que&nbsp;«&nbsp;sur les 20 entreprises les plus présentes [au sein des établissements identifiés], 5 produisent des armes, 2 du pétrole, 3 sont des banques françaises extrêmement polluantes, 7 sont dans l’industrie lourde, et seulement 4 n’ont pas été condamnées par la justice ou impliquées dans des scandales sociaux ou environnementaux&nbsp;» (p.&nbsp;9&nbsp;de&nbsp;<a href="https://eies.fr/argumentaire"><u>l’argumentaire complet</u></a>&nbsp;du collectif EIES).&nbsp;</li>



<li><strong>Orientation professionnelle</strong>&nbsp;:&nbsp;les multinationales saisissent toutes les occasions d’accroître leur visibilité : forums de l’emploi et événements de recrutement deviennent pour elles des vitrines démesurées, où elles promeuvent leur cadre de travail tout en brandissant l’argument de la recherche d’emploi.&nbsp; Un&nbsp;outil se démarque ici, tant par son efficacité que par les problèmes qu’il génère&nbsp;:&nbsp;le contrat «&nbsp;marque employeur&nbsp;».&nbsp;Correspondant à un ticket payé par l’entreprise pour avoir accès aux étudiant·es toute l’année via une ubiquité dans l’espace public et sur les supports de communication,&nbsp;son montant élevé ne le rend accessible que par&nbsp;les multinationales qui en conséquence, bénéficient d’une capacité de pression sur la pensée des étudiant·es qui est bien au-dessus de la moyenne.&nbsp;Ce mécanisme, en plus de creuser l’écart avec les autres formes&nbsp;de structures,&nbsp;nuit&nbsp;à&nbsp;la liberté universitaire (choix de l’avenir et réflexions autour de celui-ci qui doivent être libres de toute pression, qu’elle soit politique, religieuse ou économique).&nbsp;</li>



<li><strong>Vie associative&nbsp;</strong>:&nbsp;par la multiplication des partenariats avec les associations étudiantes et, plus encore, à travers les parrainages de promotion, les intérêts privés s’imposent en accentuant de fortes inégalités dans les avantages accordés. Ces parrainages, censés favoriser des liens privilégiés avec le monde économique&nbsp;(dans son ensemble),&nbsp;peuvent se traduire&nbsp;par l’obligation d’assister à des conférences données par le parrain – fréquemment le PDG d’une grande entreprise –, dont le discours et la lecture du monde économique apparaissent peu nuancés, tant leurs prises de parole sont dictées par leurs propres intérêts.</li>
</ol>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-white-color has-vivid-green-cyan-background-color has-text-color has-background has-link-color has-fixed-layout"><tbody><tr><td><strong>Matthieu Lequesne, président de l’association&nbsp;</strong><em><strong>Acadamia</strong></em> : «&nbsp;La transparence autour des contrats de mécénat n’est pas négociable, c’est une obligation et c’est inscrit dans le droit. Cela correspond d’ailleurs à l’article 15 de la&nbsp;<em>Déclaration des droits de l’homme et du citoyen</em>&nbsp;: «&nbsp;La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration&nbsp;». L’administration ici, c’est la grande école ou l’université.&nbsp;»&nbsp;</td></tr></tbody></table></figure>



<p class="wp-block-paragraph">On saisit désormais mieux comment s’exerce cette influence plurielle, mais où se situe la dissimulation, puisque ces pratiques paraissent si visibles ? En réalité, l’opacité est elle aussi multiple : elle passe par la prolifération de fondations adossées aux établissements publics – permettant aux financements d’être en partie défiscalisés – mais aussi par le flou entourant les contreparties accordées par les établissements d’enseignement supérieur, non divulguées dans 55 % des cas au nom du « secret des affaires ». La traçabilité s’avère ainsi extrêmement limitée, alors même que ces établissements, étant publics, sont soumis à un impératif de transparence qui demeure largement inappliqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(R) Un désengagement financier de l’État&nbsp;? Cela dépend pour qui</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation actuelle n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un choix politique opéré au plus haut niveau. Dans l’enseignement supérieur comme dans la recherche publique, la diminution continue des financements publics contraint les établissements et organismes, sous le couvert du mot magique « autonomie », à se tourner vers d’autres sources de financement.&nbsp; Certes, selon l’enquête EIES, les financements privés demeurent aujourd’hui minoritaires dans les établissements étudiés&nbsp;:&nbsp;selon les estimations et sur la base des données accessibles,&nbsp;ils représentent&nbsp;moins de 10 % du budget total&nbsp;&nbsp;(15&nbsp;% dans le cas de l’École polytechnique&nbsp;d’après&nbsp;le&nbsp;<a href="https://multinationales.org/fr/enquetes/polytechnique-une-ecole-d-etat-sous-emprise/">rapport spécifique de l’ODM</a>). Toutefois, ce chiffre masque deux réalités : d’une part, il ne reflète pas l’immense notoriété que les multinationales parviennent à se construire,&nbsp;et&nbsp;d’autre part,&nbsp;cela cache des disparités selon les établissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut que redouter une accélération de ce mouvement, au vu des signaux actuels et des vives inquiétudes qui traversent aujourd’hui le monde de la recherche. Dans&nbsp;cette&nbsp;<a href="https://societes-savantes.fr/enquete-2025-sur-le-financement-de-la-recherche-publique-la-communaute-scientifique-alerte-sur-un-systeme-a-bout-de-souffle/">enquête menée sur le financement de la recherche publique</a>&nbsp;où près de 2200 scientifiques se sont prononcés,&nbsp;«&nbsp;moins de 15&nbsp;% des répondants&nbsp;jugent le système actuel de financement de la recherche public satisfaisant&nbsp;» car «&nbsp;structurellement sous-financé&nbsp;»,&nbsp;avec un pilotage «&nbsp;dénué de vision de long terme&nbsp;»,&nbsp;et&nbsp;des «&nbsp;responsables politiques qui sous-estiment l’apport d’une recherche publique forte et bien financée aux transitions sociétales en cours&nbsp;». Ils&nbsp;appellent&nbsp;en revanche une à&nbsp;une meilleure&nbsp;reconnaissance des «&nbsp;apports de la recherche publique à la société au-delà de son seul impact économique immédiat&nbsp;»,&nbsp;ainsi qu’à un accroissement&nbsp;substantiel des&nbsp;crédits&nbsp;récurrents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une question se pose alors&nbsp;: comment est réinvesti l’argent public&nbsp;? Est-il injecté dans d’autres services publics jugés plus importants&nbsp;? Le constat est tout autre, l’argent public est réinvesti pour soutenir… le privé&nbsp;! Les entreprises Dassault, Thalès et Safran sortaient du lot dans l’enquête EIES par rapport à leur forte influence au sein de l’ESR, il se trouve qu’elles sont aidées en ce sens par la force publique&nbsp;: elles se trouvent être parmi les entreprises françaises qui bénéficient le plus du financement public de la recherche dans l’UE (voir extrait du diaporama Horizon TERRE ci-dessous).</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-3-1024x576.png" alt="" class="wp-image-1628" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-3-980x551.png 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/image-3-480x270.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Lorsque l’on se penche sur les données du programme-cadre européen de la recherche de la période 2014-2020 baptisé «&nbsp;Horizon 2020&nbsp;», les chiffres sont édifiants&nbsp;: 3 grands groupes sont présents dans le top 10 des principaux bénéficiaires français du budget. Depuis 2020, les équilibres n’ont que peu été modifiés.<br>Source&nbsp;: diaporama projeté lors de l’évènement</em>.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de clarification des dépenses fiscales de l’État en faveur des entreprises (on se rappellera ici du&nbsp;<a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/economie/un-cout-annuel-de-211-milliards-deuros-la-commission-denquete-du-senat-sur-les-aides-publiques-aux-entreprises-reclame-un-choc-de-transparence">rapport du Sénat</a> publié en juillet 2025 ayant montré, après 5 mois d’auditions et d’enquête, que les entreprises perçoivent près de 211 milliards d’euros d’aides publiques par le biais de plus de 2200 dispositifs), il apparaît nécessaire de renforcer les mécanismes d’évaluation, d’améliorer les dispositifs de contrôle et de réviser les critères d’éligibilité. Le «&nbsp;deux poids, deux mesures&nbsp;» imposant un contrôle accru aux établissements publics tout en accordant une marge de liberté plus large aux structures privées, constitue une anomalie qu’il convient de corriger.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(N) Le contribuable au service de la technologie&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée de conditionnalité&nbsp;des aides publiques&nbsp;intervient dans un contexte où,&nbsp;les grands groupes privés qui en bénéficient&nbsp;ont des intérêts&nbsp;très éloignés des objectifs climatiques et sociaux fixés collectivement. Le collectif EIES&nbsp;remarque que&nbsp;beaucoup&nbsp;d’entre elles ont été condamnées pour atteintes aux droits humains ou à l’environnement (voir les chiffres liés à la méthodologie).&nbsp;Lorsque ce ne sont pas des condamnations, ce sont des projets de société où&nbsp;l’innovation technologique est mise au coeur,&nbsp;et cela en dépit de ce que cela inclut en matière de conséquences désastreuses pour&nbsp;<a href="https://sciencescitoyennes.org/geo-ingenierie/">l’environnement</a>&nbsp;mais aussi pour notre&nbsp;<a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/010925/l-ia-une-machine-degrader-le-travail">structure sociale</a>.&nbsp;L’objectif&nbsp;pour ces grandes entreprises est&nbsp;d’emmener les étudiant·es et les chercheur·ses à manipuler&nbsp;des technologies sans réfléchir à l’utilité de leur travail et en excluant&nbsp;leur&nbsp;critique&nbsp;(p.&nbsp;10&nbsp;de&nbsp;<a href="https://eies.fr/argumentaire"><u>l’argumentaire complet</u></a>&nbsp;du collectif EIES).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faisons la synthèse de nos observations : les grandes entreprises investissent l’enseignement supérieur et la recherche au moyen de contrats opaques, dont les contreparties demeurent dissimulées. Elles bénéficient pour cela du soutien actif de l’État, qui encourage le renforcement de ces liens par des incitations fiscales et financières. Ce mécanisme a pour effet de détourner les étudiant·es et les chercheur·ses de la poursuite de l’intérêt général, pour les placer au service d’intérêts privés dont les fondements soulèvent de sérieuses limites sur les plans démocratique, social et environnemental. Un témoignage recueilli lors de la table ronde illustre clairement ce fonctionnement, en décrivant l’omniprésence des grands groupes dans l’espace public comme dans les moments décisifs de l’avenir professionnel des étudiant·es.</p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-white-color has-vivid-green-cyan-background-color has-text-color has-background has-link-color has-fixed-layout"><tbody><tr><td><strong>Antoine, ancien étudiant à Polytechnique</strong>&nbsp;: «&nbsp;Durant la période du choix des stages,&nbsp;on recevait des invitations à des évènements&nbsp;de présentation de cabinets&nbsp;de conseil plusieurs fois par semaine, avec des affiches de publicité sur le chemin&nbsp;des cours, ils étaient sponsors de nos événements étudiants et les collaborateurs venaient nous recruter avec une pizza offerte ou une invitation au restaurant. En l’espace de trois mois, je connaissais&nbsp;par coeur les noms et notoriétés des 10 grands cabinets de conseil&nbsp;:&nbsp;<em>BCG, McKinsey, Bain</em>,&nbsp;<em>Capgemini</em>…&nbsp;».</td></tr></tbody></table></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cocorico, une entreprise française figure parmi ces noms. La fierté qui en émane ne peut être que de courte durée, quand on sait par exemple que l’entreprise spécialisée dans le numérique&nbsp;<a href="https://www.franceinfo.fr/replay-magazine/france-2/complement-d-enquete/enquete-aides-aux-entreprises-le-geant-capgemini-utilise-t-il-le-credit-d-impot-recherche-pour-payer-certains-de-ses-salaries-inoccupes_7497757.html">se sert du crédit d’impôt recherche (CIR) pour faire payer les salaires de ses consultants en intermission</a>&nbsp;grâce à nos impôts (alors même qu’ils n’ont pas les compétences ni les moyens mis à disposition pour faire de la recherche de qualité).&nbsp;On rappelle que l’an dernier, le CIR a engendré environ 7,8 milliards d’euros de manque à gagner pour les caisses de l’État, et que Capgemini a obtenu à elle-seule un avantage fiscal de 71M d’euros en 2023.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le «&nbsp;combat pour la transparence&nbsp;» ne fait que commencer&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expression, tirée de&nbsp;<a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/180925/entreprises-privees-et-grandes-ecoles-le-combat-pour-la-transparence-s-organise">l’article publié par&nbsp;<em>Médiapart</em></a><em>&nbsp;</em>qui s’intéresse aux travaux de EIES et de l’ODM, résume bien l’enjeu&nbsp;: il ne s’agit pas que d’un constat mais d’une lutte à mener, une lutte pour un enseignement et une recherche affranchis des intérêts financiers, une lutte pour la mise en débat et pour la démocratisation des choix d’enseignement et de recherche.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme rappelé plusieurs fois lors de la table-ronde, la dimension publique de l’ESR est un bien commun qu’il convient de sauvegarder. Pour cela, des solutions existent&nbsp;: de son côté, EIES met en avant la coopération entre les établissements, la diversification des sources de financements pour casser les monopoles des multinationales, ou encore la mise en place de critères pour exclure les entreprises problématiques et éviter les risques de conflits d’intérêts.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de&nbsp;<em>Sciences Citoyennes&nbsp;</em>et du collectif Horizon TERRE, deux solutions peuvent être retenues au regard de cette situation&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Réorienter&nbsp;</strong><strong>et conditionner&nbsp;</strong><strong>certaines dépenses fiscales&nbsp;</strong><strong>destinées à la R&amp;D privée</strong>&nbsp;(CIR, CII) pour les rediriger vers d’autres recherches, comme la&nbsp;<a href="https://sciencescitoyennes.org/rechercheparticipative/">recherche participative</a></li>



<li><strong>Convoquer des Conventions citoyennes de programmation de recherche</strong>, chargées de définir les priorités de recherche et dotées d’un budget spécifique&nbsp;: 10&nbsp;% du budget public actuel. Une première étape pour y arriver&nbsp;? Signer la&nbsp;<a href="https://agir.greenvoice.fr/petitions/nos-impots-nos-choix-attribuons-10-du-budget-de-la-recherche-via-des-conventions-citoyennes">pétition</a>&nbsp;!</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le projet vous a convaincu et vous souhaitez aller plus loin&nbsp;? Rejoignez le collectif Horizon TERRE&nbsp;!</strong>&nbsp;Cliquez&nbsp;<a href="https://framaforms.org/je-minscris-comme-relais-horizon-terre-1679672964"><u>ici</u></a>&nbsp;pour vous inscrire en tant que relais, et&nbsp;<a href="https://horizon-terre.org/documents-cles/"><u>ici</u></a>&nbsp;si vous souhaitez&nbsp;avoir accès à nos documents&nbsp;et contribuer à la campagne en cours. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/10/IMG_3589-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1637"/><figcaption class="wp-element-caption"><em>L’appel à l’action a entraîné sont lot de ferveur et a fait salle comble. Souhaitons que ce pavé jeté dans la mare dépasse l’enceinte de l’Académie du Climat.&nbsp;<br>Source&nbsp;: photo prise par un membre du collectif Horizon TERRE durant l’évènement.</em></figcaption></figure>
<p>L’article <a href="https://horizon-terre.org/2025/09/17/une-privatisation-croissante-de-lenseignement-superieur-et-de-la-recherche-comment-sy-premunir/">Une privatisation croissante de l&rsquo;enseignement supérieur et de la recherche : comment s&rsquo;en prémunir ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://horizon-terre.org">Horizon TERRE</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’intervention du collectif Horizon TERRE au colloque Inter-Atécopol de 2025</title>
		<link>https://horizon-terre.org/2025/07/03/lintervention-du-collectif-horizon-terre-au-colloque-inter-atecopol-de-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SC]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jul 2025 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Évènement]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://horizon-terre.org/?p=1657</guid>

					<description><![CDATA[<p>Du 1er au 3 juillet 2025 s’est déroulé le colloque Inter-Atécopol « Réparer le futur ? Réflexions et expériences depuis l’écologie politique » dans les enceintes de Sciences Po Toulouse. Ayant pour objet le renforcement de l’articulation entre enjeux écologiques, sociaux et démocratiques dans le champ de la recherche, le collectif Horizon TERRE (HT) s’y est naturellement inséré pour partager ses réflexions, ses constats, et ses pistes d’action transformatrices. </p>
<p>L’article <a href="https://horizon-terre.org/2025/07/03/lintervention-du-collectif-horizon-terre-au-colloque-inter-atecopol-de-2025/">L’intervention du collectif Horizon TERRE au colloque Inter-Atécopol de 2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://horizon-terre.org">Horizon TERRE</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="556" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/Photo_banderole-HT_compressed-1024x556.jpg" alt="" class="wp-image-1659" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/Photo_banderole-HT_compressed-980x532.jpg 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/Photo_banderole-HT_compressed-480x261.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption">Banderole confectionnée à l&rsquo;occasion du colloque, affichée ici sur la façade d&rsquo;un des bâtiments de Sciences Po Toulouse</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Du 1er au 3 juillet 2025 s’est déroulé le&nbsp;colloque Inter-Atécopol «&nbsp;<a href="https://mshs.univ-toulouse.fr/atecopol-aac-colloque-des-atecopols-reparer-le-futur-reflexions-et-experiences-depuis-lecologie-politique-1-3-juillet-2025-toulouse/">Réparer le futur&nbsp;? Réflexions et expériences depuis l’écologie politique</a> »&nbsp;dans les enceintes de Sciences Po&nbsp;Toulouse.&nbsp;Ayant pour objet le renforcement de l’articulation entre enjeux écologiques, sociaux et démocratiques&nbsp;dans le champ de la recherche, le collectif Horizon TERRE&nbsp;(HT) s’y est naturellement&nbsp;inséré pour partager ses réflexions, ses constats,&nbsp;et ses pistes d’action transformatrices.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des constats matinaux jusqu’aux solutions méridionales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">HT incarne pleinement ce dialogue science/société, à la fois par la nature de ses travaux visant à faire de la recherche scientifique un bien commun, mais aussi par la diversité de ses membres. Lors de la journée du jeudi 3 juillet, HT a scindé la présentation de ses réflexions en deux temps&nbsp;:&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En fin de matinée (11h-12h30)&nbsp;: une table-ronde intitulée «&nbsp;<strong>Les politiques publiques de la recherche&nbsp;: un angle mort de la démocratie</strong>&nbsp;»&nbsp;</li>



<li>En début d’après-midi (14h-15h30)&nbsp;: un atelier prenant la forme d’un arpentage collectif d’un projet recherche déposé à l’Agence nationale de la recherche (ANR) intitulé «&nbsp;<strong>Pour un gouvernement démocratique des sciences</strong>&nbsp;»</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ces deux travaux, que souhaitait mettre en évidence le collectif ? Pourquoi avoir retenu ces formes particulières de discussion ? Comment le plaidoyer a-t-il été perçu par les participant·es et a-t-il donné lieu à des propositions d’évolution ? Apportons un éclairage à ces interrogations avec un retour sur le contenu de cette journée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un espace démocratique manquant à toutes les échelles de décision&nbsp;: le cas de la recherche&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À&nbsp;travers sa participation au colloque, le collectif a tenu à rappeler le constat fondateur qui anime son action au quotidien : aujourd’hui,&nbsp;<strong>la recherche scientifique se confond de plus en plus avec le désir de renforcer la compétitivité industrielle.</strong>&nbsp;Dès&nbsp;le premier atelier, tenu à partir de 11h, l’alarme a de nouveau retenti dès l’ouverture des interventions, soulignant que ce constat, loin d’être inédit, perdure&nbsp;même&nbsp;depuis plus de&nbsp;20&nbsp;ans. Il s’agit de la conséquence à long terme de politiques publiques ayant privé dans le même temps des pans entiers de la recherche de financements publics.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On pourrait croire que le budget public de la recherche est modeste,</strong>&nbsp;tant il est rarement évoqué dans le débat public, dans les médias ou au Parlement. C’est là tout le paradoxe. Pour éclairer le public sur ce point — car même le personnel de recherche et les chercheur·ses disposent rarement d’une vision d’ensemble, tant le système est complexe —, le collectif a choisi de présenter cet enjeu à travers un exposé détaillé&nbsp;(voir le sommaire de l’intervention ci-dessous).&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="572" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-1-1024x572.png" alt="" class="wp-image-1662" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-1-980x547.png 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-1-480x268.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ces quatre thèmes se dessinent deux&nbsp;instants de la réflexion&nbsp;:&nbsp;<strong>comprendre, agir</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comprendre</strong>&nbsp;d’abord,&nbsp;comprendre&nbsp;que le budget public de la recherche représente environ&nbsp;<strong>32 milliards d’euros / an en France</strong>&nbsp;et presque&nbsp;<strong>100 milliards d’euros au sein du précédent cadre pluriannuel financier de l’UE (2021-2027)</strong>,&nbsp;soit respectivement 7&nbsp;% et 8&nbsp;% du budget total. Comprendre que ces budgets&nbsp;favorisent des&nbsp;recherches menées par celleux qui les influencent, en premier lieu les représentant·es des intérêts industriels. Celleux-ci siègent dans l’ensemble des instances décisionnelles, y compris au sein du&nbsp;<a href="https://sciencebusiness.net/news/fp10/time-major-shakeup-how-eu-funds-research-expert-group-says">groupe d’expert·es mandaté par la Commission européenne</a>&nbsp;pour produire un rapport d’analyse et de recommandations, où ils représentent à eux seuls&nbsp;<strong>un tiers des membres</strong>&nbsp;(voir extrait ci-dessous).&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="578" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-2-1024x578.png" alt="" class="wp-image-1665" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-2-980x554.png 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-2-480x271.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Agir</strong> ensuite, agir pour&nbsp;contrebalancer des promesses non&nbsp;respectées,&nbsp;comme celle de la mise en place d’un «&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042738027"><strong>débat citoyen périodique sur les orientations prioritaires de la politique de recherche nationale</strong></a>&nbsp;», faite par la&nbsp;loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030&nbsp;(rapport annexé).&nbsp;Agir en prenant nous-mêmes la responsabilité évitée par le gouvernement&nbsp;de&nbsp;<strong>mettre en débat les choix scientifiques et techniques</strong>,&nbsp;par le biais d’une&nbsp;<strong>Convention citoyenne de programmation de recherche</strong> (dont le fonctionnement est résumé dans l’extrait ci-dessous).&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="584" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-3-1024x584.png" alt="" class="wp-image-1667" srcset="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-3-980x559.png 980w, https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-3-480x274.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu est de taille mais les ambitions sont atteignables,&nbsp;d’autant plus si&nbsp;le mouvement prend de l’ampleur&nbsp;et que ses propositions sont diffusées.&nbsp;À ce sujet, le collectif Horizon TERRE est confiant, et pour cause,&nbsp;la critique a été accueillie avec grâce.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et après&nbsp;? Comment transformer ce bilan et ces propositions en actions concrètes&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela a été précisément l’objet de la dernière partie de l’exposé, où 4 pistes ont été dévoilées puis discutées&nbsp;:&nbsp;</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Signer&nbsp;</strong><strong>et diffuser</strong><strong>&nbsp;la&nbsp;<a href="https://agir.greenvoice.fr/petitions/nos-impots-nos-choix-attribuons-10-du-budget-de-la-recherche-via-des-conventions-citoyennes">pétition</a></strong>&nbsp;du collectif visant à attribuer 10&nbsp;% du budget de la recherche via des Conventions citoyennes. Un&nbsp;<a href="https://sciencescitoyennes.org/wp-content/uploads/2025/09/Kit_Com_HT-avec_QR-Code.pdf">kit de communication</a>&nbsp;a d’ailleurs été construit à cet effet.&nbsp;</li>



<li><strong>Communiquer&nbsp;</strong><strong>le sujet dans la presse, les médias, sur les réseaux sociaux</strong>, et&nbsp;<a href="https://framaforms.org/je-minscris-comme-relais-horizon-terre-1679672964">s’inscrire en tant que relais</a>&nbsp;pour le plaidoyer.&nbsp;</li>



<li><strong>Saisir les parlementaires&nbsp;</strong>en leur présentant le contexte et les actions possibles à effectuer de leur côté (question écrite au gouvernement, amendement ou encore mission d’information).&nbsp;</li>



<li><strong>Organiser et participer à des évènements physiques</strong>&nbsp;en y invitant les élu·es (locaux et/ou nationaux) et des journalistes scientifiques.</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Ce premier atelier s’est conclu sur des engouements multiples à l’idée de participer au mouvement, et à des échanges ayant permis de nourrir le plaidoyer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pour accéder à l’intégralité&nbsp;du diaporama,&nbsp;rendez-vous sur l’onglet «&nbsp;Documents-clés&nbsp;» du site web puis dans la partie «&nbsp;Présentation type Horizon TERRE&nbsp;», ou&nbsp;<a href="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/09/PPT-HT-Vdetaillee.pdf"><u>cliquez ici</u></a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Accompagner l’action&nbsp;</strong><strong>par</strong><strong>&nbsp;la recherche pour nourrir le plaidoyer&nbsp;?</strong><strong>&nbsp;L’idée d’un «&nbsp;gouvernement démocratique des sciences&nbsp;».</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réflexions du matin ont semé des graines qui ont porté leurs fruits l’après-midi. Après un nécessaire bilan d’informations délivré par le collectif, la théorie a laissé place à la pratique, mais pas n’importe quelle pratique, la pratique de recherche. À travers sa nature de collectif, HT inspire ses pratiques de celles des membres qui le composent, et l’association&nbsp;<em>Sciences Citoyennes</em>&nbsp;en étant une actrice majeure, beaucoup de méthodes et de réflexions circulent entre les deux organisations. Il arrive d’ailleurs parfois que méthodes et réflexions se confondent, et c’est de cela dont il a été question l’après-midi du jeudi 3 juillet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, une autre mesure phare compose le plaidoyer porté par HT, à savoir la promotion de la recherche participative comme moyen de construire les savoirs, un moyen qui mériterait d’obtenir davantage de financements publics (voir le point 2 du&nbsp;<a href="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2024/08/Position-paper-FP10-SC-HT.pdf"><em>position paper</em></a>&nbsp;publié à l’été 2024). Cette méthode veut que les représentant·es de la société civile (associations, syndicats, ONG, citoyen·nes) puissent participer à toutes les étapes d’un projet de recherche aux côtés de chercheur·ses. Plusieurs mois avant le lancement de cet atelier, l’association&nbsp;<em>Sciences Citoyennes&nbsp;</em>avait déposé un projet de recherche participative intitulé «&nbsp;Pour un gouvernement démocratique des sciences. Vers une Convention citoyenne de programmation de recherche&nbsp;?&nbsp;» auprès de l’ANR et en partenariat avec plusieurs unités mixtes de recherche (UMR).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document déposé, malheureusement refusé par l’ANR, visait à réfléchir à la co-construction d’un modèle plus démocratique de financement de la recherche publique, proposant en son sein la mise en place d’un modèle « pilote » prenant la forme d’une Convention citoyenne. Projet de recherche participative visant à élaborer une Convention citoyenne de programmation de recherche, il résume par sa méthode et son contenu le projet du collectif HT, et c’est pour cette raison qu’un arpentage collectif de ce dernier s’est révélé utile. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’atelier s’est déroulé de la façon suivante&nbsp;: après une introduction du contexte explicité plus haut, le groupe s’est scindé en 4 petits groupes chacun chargé d’étudier une partie du document. Ce travail a permis d’explorer plusieurs pistes intéressantes&nbsp;:&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Cla</strong><strong>rification du langage et des concepts&nbsp;</strong>: le vocabulaire et les codes de la recherche peuvent constituer une barrière à l’entrée pour les acteur·ices extérieur·es. Un travail de définition et de vulgarisation de certains termes (par exemple «&nbsp;<a href="https://sciencescitoyennes.org/note-tiers-veilleur/">tiers-veilleur</a>&nbsp;») renforcerait la lisibilité et la portée de la démarche de recherche participative.</li>



<li><strong>Diversification des pistes de financement</strong><strong>&nbsp;:</strong>&nbsp;le recours aux appels à projets de l’ANR, en raison de leur mode actuel de gouvernance, peut sembler difficilement compatible avec des projets qui en proposent une alternative. Une option complémentaire pourrait être explorée, comme le financement participatif. Celui-ci permettrait non seulement de diversifier les ressources, mais aussi d’exprimer l’intérêt citoyen pour le projet. Cela impliquerait toutefois d’adapter la projection budgétaire et les modalités de présentation.</li>



<li><strong>Reconnaissance de la parole citoyenne</strong>&nbsp;: la question de la légitimité d’un panel citoyen à intervenir sur l’orientation de la recherche mérite d’être anticipée et explicitée. L’argumentation gagnerait à préciser en quoi cette légitimité repose sur la représentativité, l’ouverture du débat et la complémentarité avec les instances existantes.</li>



<li><strong>Affirmation d’une posture constructive</strong>: le positionnement politique pourrait être davantage mis en valeur comme une proposition complémentaire, conçue pour enrichir et dialoguer avec les dispositifs actuels.&nbsp;</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En synthèse</strong>, les retours ont souligné l’importance de consolider l’argumentaire et d’adapter le langage pour mieux dialoguer avec les instances d’évaluation et les acteur·ices institutionnel·les.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l’occasion de cette rencontre, le collectif Horizon TERRE a échangé avec des militant·es issu·es du monde de la recherche et de la société civile, animé·es par un réel espoir. Ce n’était ni la première intervention ni la dernière : ce type d’événement est doublement précieux, car il permet à la fois d’élargir le mouvement et de l’enrichir grâce à des échanges stimulants et à des débats&nbsp;rigoureux. Alors, si vous partagez cet intérêt et considérez ce combat essentiel,&nbsp;<a href="https://framaforms.org/je-minscris-comme-relais-horizon-terre-1679672964"><u>rejoignez-nous</u></a>&nbsp;— et qui sait, vous aurez peut-être la chance de figurer sur la photo !</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://horizon-terre.org/wp-content/uploads/2025/11/image-4-768x1024.png" alt="" class="wp-image-1668"/><figcaption class="wp-element-caption">Les membres du collectif Horizon TERRE et leur public à l&rsquo;issue de la table-ronde</figcaption></figure>
<p>L’article <a href="https://horizon-terre.org/2025/07/03/lintervention-du-collectif-horizon-terre-au-colloque-inter-atecopol-de-2025/">L’intervention du collectif Horizon TERRE au colloque Inter-Atécopol de 2025</a> est apparu en premier sur <a href="https://horizon-terre.org">Horizon TERRE</a>.</p>
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